Le Partido Verde Ecologista de Mexico (PVEM) est le seul parti vert au monde favorable à la peine de mort. Dans un climat de violence accélérée, les députés s’apprêtent à discuter de la nouvelle loi anti-kidnapping

"Campagne du PVEM dans le métro: "Parce que ta vie nous importe, peine de mort contre les assassins et les kidnappeurs" (source: Alexandra Beugnet)
Le Parti Vert et la peine de mort
La nouvelle campagne du Parti Vert en faveur de la peine de mort fait couler beaucoup d’encre. A partir d’enquêtes et de sondages, le parti promeut la peine capitale dans une offensive publicitaire, car selon leurs calculs, 75 à 80 % des personnes interrogées seraient en sa faveur. Le parti a comme arguments la dissuasion et l’extermination de délinquants perpétuels. Il s’agit du seul parti écologiste au monde en faveur de la peine capitale.
Le gouverneur de Coahuila, Humberto Moreira Valdés, est célèbre pour diverses raisons : les principaux postes de décision du parti local (PRI) sont tenus par ses frères. Il utilise volontiers la rhétorique et des phrases chocs. Concernant la peine de mort, il a déclaré : « Le seul point que nous discutons est si nous allons les pendre ou les fusiller. »
Dans le climat d’insécurité qui règne au Mexique, après les kidnappings et assassinats de Fernando Marti et Silvia Vargas, ces initiatives ont un impact certain sur la population. Elles sont d’ailleurs taxées de populisme par ses opposants.
Réponses des autres partis et du Congrès
Le PAN et le PRD ont d’abord gardé le silence sur cette initiative. Début décembre, Andrés Manuel López Obrador s’est prononcé contre la peine capitale. « Cela, je ne le souhaite même pas pour les politiciens corrompus, qui sont les pires voleurs. » Le PAN s’est également prononcé contre, même s’il accepte d’en débattre au Congrès. D’autres congressistes voient d’un très mauvais œil le thème de la vie et de la mort comme débat électoral (Carlos Navarrete, PRD). Finalement la présidente nationale du PRI a nié que son parti suivait la proposition de Moreira. Elle a manifesté pourtant son respect pour l’initiative et a laissé les rênes libres aux députés du PRI. D’autre part, elle appuie toutes les initiatives qui durcissent les peines contre les kidnappeurs et délinquants.
Le bureau des Droits de l’Homme de l’ONU au Mexique a qualifié la proposition de « solution désespérée et compréhensible devant l’insécurité ». Il a ajouté que tant que le Mexique n’aura pas de système judiciaire fiable et qu’il n’y aura pas d’avancées sérieuses dans la lutte contre l’impunité et la corruption, les sanctions ne seront d’aucune efficacité.
A partir du mois de janvier, les Commissions de Justice se réuniront pour travailler sur une nouvelle loi anti-kidnapping. Les états fédéraux possèdent déjà des législations pour combattre ce délit, mais il s’agit d’opérer une réforme constitutionnelle afin de donner les outils nécessaires à l’Etat dans sa lutte contre la délinquance. Les gouvernements des états fédéraux n’ont pas le pouvoir d’appliquer la peine de mort, car il s’agit d’une question fédérale.