02.05.2009

Mustapha Ramid : «La peine de mort doit être maintenue pour les crimes graves»

Mustapha Ramid Mustapha Ramid, avocat et député PJD, estime que la peine de mort doit être maintenue pour les crimes graves et appelle à une révision des dispositions pénales régissant la peine capitale.

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Quel commentaire faîtes-vous du verdict prononcé par la troisième chambre de la Cour d’appel de Meknès à l’encontre des coupables présumés meurtriers du maître Brahim Hssitou et son épouse ?


Mustapha Ramid : Je ne peux pas émettre aujourd’hui des commentaires sur cette question tout simplement parce que le jugement de peine de mort prononcé à l’encontre des présumés meurtriers du maître et son épouse n’est pas encore définitif. Le verdict n’a pas encore acquis l’autorité de la chose jugée. Les présumés ne seront coupables au regard de la loi que lorsque le jugement sera définitif. Cela dit, si les présumés sont effectivement coupables du meurtre alors ils auront bien mérité la peine de mort. Au cas où la peine de mort est maintenue par la Cour d’appel et la Cour Suprême à l’unanimité des juges, on ne pourra qu’applaudir la décision de la justice. Les présumés sont accusés d’un meurtre cruel. Ces personnes auraient commis un homicide volontaire avec préméditation et mutilation de cadavres. Si leur culpabilité est établie, la peine de mort ne sera que justice rendue.

Certaines ONG dont l’OMDH ont contesté le verdict de la Cour d’appel et ont appelé à la suppression de la peine de mort. Qu’en pensez-vous ?
Je ne partage pas la position de ces organisations. Plusieurs organisations marocaines et étrangères ont appelé à la suppression de la peine de mort et à une réforme de la législation pénale. Ces organisations ont leurs référentiels et leurs plans qui leur sont propres. Mais si l’on prend le cas de l’incident de l’assassinat du maître Hssitou et son épouse, je ne comprends pas pourquoi ces ONG refusent la peine capitale à l’encontre des auteurs présumés vu l’atrocité du crime.

En dehors de cette affaire, quelle est votre position à l’égard de la peine de mort de manière générale ?


Je suis contre l’exécution immédiate de la peine capitale. Il faut qu’il y ait un temps raisonnable avant l’exécution et ce afin d'entreprendre plus d’investigations sur la culpabilité de l'accusé. La peine de mort doit être maintenue pour les crimes graves et supprimée dans certains cas. Je crois également que la prononciation de la peine de mort doit être liée à trois principales conditions. Tout d’abord, il faudra qu’il y ait unanimité des juges ayant prononcé la peine de mort à tous les niveaux de la juridiction. Ensuite, il faut que la famille de la victime ait la possibilité de pardonner. Au cas où ils pardonneraient à l’assassin de leur proche, la peine de mort devrait être atténuée à une peine d’emprisonnement. Troisième condition, il faudrait que l'exécution de la peine capitale soit retardée et ce uniquement à titre de précaution.

Pensez-vous qu'il est temps d'entreprendre une réforme de la législation pénale marocaine ?


Nous appelons à une réforme de la législation pénale puisqu'elle est ancienne et largement dépassée. Il est temps de procéder à une modernisation de notre système pénal général. Comme je viens de le préciser, nous appelons à une révision des dispositions pénales régissant la peine capitale. La famille de la victime d'un meurtre devrait avoir la possibilité de pardonner. Un autre point important est celui de la tentative de meurtre. Il n'est pas raisonnable que la peine de mort soit prononcée à l'égard de l'auteur d'une tentative de meurtre au même titre que celui qui a commis effectivement le meurtre.

08.08.2008

Valentin : Seul le FN ose réclamer la peine de mort

Valentin : le FN pour la peine de mort

Le Front national a réclamé le rétablissement de la peine de mort pour les assassins d'enfants, alors que les obsèques de Valentin, 11 ans, tué la semaine dernière d'une quarantaine de coups de couteau, avaient lieu aujourd'hui.

"L'émotion ne devrait pas dispenser de poser" les "vraies questions", a regretté aujourd'hui Bruno Gollnisch, vice-président exécutif du FN.

Il a cité notamment "la question de la sanction suprême et définitive pour les assassins d'enfants" et celle "de la terrible déréliction (abandon, ndlr) de la psychiatrie française".

"Pourquoi aucune mesure de sauvegarde n'a-t-elle jamais été prise pour Stéphane Moitoiret, manifestement psychopathe et dangereux, comme nombre de marginaux que l'on laisse vagabonder sans aucun suivi psychique?".

11.07.2008

ça se passe au texas et en Virginie

Deux hommes convaincus de meurtre ont été exécutés jeudi par injection létale aux Etats-Unis, l'un au Texas, l'autre en Virginie.

Carlton Turner, reconnu coupable du meurtre de ses parents adoptifs a été exécuté au Texas. Il est le premier des trois prisonniers dont l'exécution a été programmée au mois de juillet dans cet Etat. Quatorze exécutions doivent encore y avoir lieu cette année.

Il s'agit de la deuxième exécution au Texas depuis que la Cour suprême américaine a levé en avril un moratoire de facto sur la peine de mort.

Turner, qui avait 19 ans à l'époque des faits, avait tué par balles en 1998 ses parents adoptifs Carlton Senior et Tonya, alors âgés de 43 et 40 ans.

Le Texas a exécuté Karl Eugène Chamberlain, reconnu coupable de meurtre, le 11 juin dernier. Les exécutions de Chamberlain et Turner portent à 407 le nombre de prisonniers victimes de la peine capitale depuis 1982 dans l'Etat.

En Virginie, Kent Jackson, 26 ans, a été exécuté après avoir été reconnu coupable du meurtre d'un de ses voisins, âgé de 79 ans, lors d'un cambriolage. Le gouverneur démocrate de l'Etat, Timothy Kaine, avait refusé de lui accorder une grâce et la Cour suprême avait rejeté son appel.

02.07.2008

Crime barbare à Libourne

Crime barbare dans un camping près de Libourne : ils lynchent un jeune Français pour s’amuser !

Commencent alors les moqueries, puis se sont les coups : cinq « jeunes », armés d’un tonfa, le frappent avec une rare sauvagerie. Ils s’acharnent sur lui, alors que les autres, très choqués, repartent en courant au mobile home, selon les premiers éléments de l’enquête supervisée par le procureur de Bordeaux Alain Benech. Les bourreaux finissent par le tuer, puis déshabillent le cadavre de leur victime. Plus tard, dans la nuit, ils vont jeter l’arme du crime dans la rivière l’Isle, à quelques kilomètres de là. Le lendemain matin, avec les deux autres occupants du mobile home, ils se débarrassent des vêtements à un autre endroit, puis du corps, dans un petit ruisseau, à Gours. Seuls les témoignages permettront aux enquêteurs de retrouver la dépouille de Jérémy.

Dimanche soir, les deux auteurs principaux de cet acte inqualifiable ont été mis en examen et écroués pour « homicide volontaire avec préméditation ». Il s’agit d’un mineur de 16 ans originaire de Rouen (Seine-Maritime), pensionnaire comme la victime d’un foyer d’accueil de Lormont en Gironde. Le second « jeune », âgé de 22 ans, est d’Aubervilliers en Seine-Saint-Denis. Une jeune fille de Mantes-la-Jolie (Yvelines), âgée de 21 ans, et un autre de Meulan (Yvelines), âgé de 20 ans, ont été aussi écroués, mis en examen pour non-assistance à personne en danger, dissimulation de preuves et recel de cadavre. Tous viennent de zones urbaines bien connues pour générer racailles et autres voyous ethniques sans foi ni loi. D’autres mises en examen pour non-assistance à personne en danger sont possibles. Des expertises psychologiques et psychiatriques vont être ordonnées.
Inutile de préciser que l’ensemble des protagonistes de ce crime odieux sont considérés par les bons esprits comme des « chances pour la France ». En tout état de cause, ils n’ont pas été une « chance » pour Jérémy.

 

Source : http://www.nationspresse.info/

01.07.2008

ça se passe au Koweit

Peine de mort confirmée pour un membre de la famille régnante du Koweït

Une cour de cassation du Koweït a confirmé mardi la peine de mort prononcée contre un membre de la famille régnante des Al-Sabah pour trafic de drogue, a-t-on appris de source judiciaire.

La peine de mort contre cheikh Talal Nasser Al-Sabah avait été décidée en janvier 2007 par un tribunal de première instance, puis confirmée en décembre par une cour d'appel. Son exécution attend désormais l'approbation de l'émir, qui peut aussi la commuer en peine de prison. La cour d'appel avait aussi confirmé la perpétuité pour trois des complices du cheikh -un apatride, un Bangladeshi et un Indien- et la condamnation de deux autres complices -un Libanais et un Irakien- à sept ans de prison chacun.

La condamnation à mort de cheikh Talal est une première pour un membre de la famille régnante dans cet émirat pétrolier du Golfe.
La police koweïtienne avait arrêté en avril 2007 les membres du groupe et saisi de grandes quantités de stupéfiants dont au moins 10 kg de cocaïne et 120 kg de haschich. Les arrestations avaient été ordonnées par le ministre de la Défense, cheikh Jaber Al-Moubarak Al-Sabah, ancien ministre de l'Intérieur et membre influent de la famille régnante.

29.06.2008

ça se passe en Chine

Peine de mort en Chine : Un homme condamné à mort pour collecte illégale de fonds

Chine carteLe propriétaire d'une compagnie a été condamné à mort pour avoir escroqué 33,27 millions de yuans (4, 8 millions de dollars) en collectant illégalement des fonds dans la province du Jiangsu (est).

Xu Guancheng, qui a établi Beijing Guancheng Company en 2003 et Nanjing Guancheng Company en 2004, a été condamné à mort avec deux ans de sursis. Il est accusé d'avoir inventé des placements à faux rendements, escroquant 33,27 millions de yuans à 829 personnes entre janvier 2004 et mars 2005, a déclaré mardi la Cour populaire intermédiaire de la municipalité de Nanjing.

Tous ses biens ont été confisqués.

Xu avait promis à ses clients un bénéfice de 640 yuans en un an s'ils investissaient 460 yuans dans un élevage de fourmis qu'il avait ouvert en 2002, soit un rendement annuel de 39,13%. Les fourmis devaient être utilisées pour des produits de la médecine chinoise.

En octobre 2004, il a changé le taux de rendement à 17,39%, pour ensuite ne pas rembourser la somme d'argent.

Son complice, Xu Guanqing, directeur général de Nanjing Guancheng Company, a été condamné à perpétuité et ses biens ont également été confisqués. Ma Rumei, responsable financière de Beijing Guancheng Company, a été condamnée à 15 ans de prison et à une amende de 500 000 yuans.

1,68 million de yuans saisis, ainsi que 1,25 million de dollars de Hong Kong et 393 calligraphies et peintures, ont été rendus aux anciens propriétaires. Les profits illégaux doivent également être rendus aux victimes.

17.06.2008

États-Unis : un Afro-américain exécuté en Géorgie après 17 ans dans le couloir de la mort

Curtis Osborne  
Curtis Osborne
© 236.com
 

Mercredi 4 juin, Curtis Osborne, Afro-américain de 37 ans, condamné à mort pour un double meurtre en 1990, a été exécuté en Géorgie.


Pour les partisans des droits des familles Curtis Osborne n'a eu que ce qu'il méritait. Il avait été condamné pour le meurtre d'Arthur Jones et de Linda Lisa Seaborne 18 ans auparavant. Il avait abattu Jones pour une histoire d'argent, et tué Seaborne uniquement parce qu'elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.

Mercredi, Curtis Osborne est mort. Il a refusé de dire un dernier mot, mais a accepté de dire une prière avec l'aumônier de la prison.

10.05.2008

Malik Soumah : une chance pour la France

MALIK SOUMAH : UNE CHANCE POUR LA FRANCE

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Assises. Un homme de 29 ans avait abusé d'une jeune fille vierge ivre et inconsciente.

Onze ans de prison pour le viol d'une mineure de 16 ans.


La nuit du 23 avril 2006 restera à jamais entrecoupée de blancs pour une jeune Toulousaine de 16 ans. Après cinq versions des faits différentes, l'accusé n'a pas profité de son procès en cour d'assises pour éclairer cette nuit-là. Rappel des faits : une bande d'amis sort en discothèque, fait la fête et boit de nombreux verres d'alcool fort. Puis, d'un coup, c'est le black-out. Elle ne se souvient de rien si ce n'est d'avoir refusé de suivre un homme qui l'avait fortement agrippée par le bras. Des témoins diront qu'elle tenait à peine debout. Ce n'est que le lendemain matin, en se réveillant à moitié nue dans le lit d'un inconnu qu'elle panique. Que lui est-il arrivé pendant cette dizaine d'heures où les souvenirs ne reviennent que par flashs ? Des analyses reconstitueront les faits : la jeune fille encore vierge a été violée.

C'est avec de nombreux silences, entrecoupés de sanglots que la victime est venue à la barre. « Il m'a attrapée par le bras aux toilettes et personne n'a bougé. Puis, je ne me souviens plus de rien. » 1,65m-55 kg, la « gamine de 16 ans », comme la désignera Me Catala, son avocat, est décrite comme inhibée par les experts, « incapable de se projeter dans un comportement sexualisé », « n'assumant pas sa féminité ». Perdant un peu de sa superbe, l'accusé s'adresse alors à sa victime : « Je comprends ta position mais j'ai toujours ressenti que tu étais consentante. » Il ne changera pas sa version des faits.
« Pantin désarticulé »

Après la lecture de divers témoignages mentionnant le caractère agressif du jeune Guinéen de 31 ans envers ses ex petites amies, Me Catala a entamé les plaidoiries. « On ne peut pas ignorer une gamine de 16 ans qui murmure sa douleur », commence-t-il. L'avocat oppose les deux personnalités : « poupée silencieuse et désarticulée » pour la victime, « homme fonctionnant selon son bon plaisir » pour l'accusé et demande aux onze jurés de trancher : « soit vous croyez ma cliente, soit vous le croyez, lui. » M. Bec, avocat général, reprend les mêmes termes pour désigner la jeune fille. « Vous avez fait l'amour à une poupée de son, à un pantin disloqué » dit-il à l'accusé à qui il reproche « d'avoir trop menti pour que l'on puisse le croire deux ans après ». Il demandera entre huit et dix ans de prison car « dans l'échelle de l'horreur, vous n'êtes pas le pire », dira-t-il au prévenu qui risquait jusqu'à 15 ans.

Pour la défense, Me Balbo s'est placé sur le terrain de la morale et du droit. « La morale réprouve la relation entre un homme de 29 ans et une adolescente de 16 ans mais est-ce pour autant un crime ? », questionne-t-il en demandant la relaxe. Le second conseil de Malik Soumah a pris une tout autre position en prévenant : « Je vais plaider en conscience et en humanité ». Loin de ménager son client à qui il fera une leçon de morale sur son comportement « imbécile », Me Alfort tente d'humaniser ce « dragueur invétéré qui était chaud dans une ambiance chaude ». « Dans sa tête, je crois qu'il n'a pas eu conscience qu'elle n'était pas consentante », avance l'avocat qui joue franc jeu avec son client et le jury. « Je crois que vous le déclarerez coupable mais je vous demande d'être très en deçà de ce qui a été requis », conclut-il. La brillante plaidoirie et les sourires esquissés par certains jurés pendant ce portrait n'auront pas suffi : Malik Soumah est condamné à onze ans d'emprisonnement.

01.01.2008

Aprés la colère ... attention !

Après la colère… attention !

Plusieurs semaines se sont écoulées depuis l’odieux assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt. Les festivités de fin d’année, l’apaisement médiatique et l’oubli spectaculaire dont sont seules capables les masses déracinées du monde moderne, auxquelles les milieux considérés comme les plus « réacs » ne font malheureusement plus exception, ont conduit l’évènement loin des devants de la scène où l’horreur des faits l’avait propulsé.

Pourtant, si la passion, qui fut exaltée pendant de longs jours durant lesquels des intérêts bien précis s’ingénièrent à tirer profit d’un évènement dramatique, ne peut être que nocive d’un point de vue purement intellectuel, l’oubli est l’autre écueil, indissociable et même corollaire du premier, sur lequel l’on ne doit pas échouer.

Soyons francs : certaines personnalités, notamment le président de la République lui-même, ont feint de tirer les conclusions qui s’imposaient face à une telle tragédie, il parait peu envisageable qu’une société qui bat au rythme des pulsions passionnelles médiatisées, puisse remettre en question de façon suffisamment appropriée les tares qui conduisent à des faits aussi sinistres. La rapidité avec laquelle cette « affaire » a pu s’engouffrer puis sortir de tous les esprits démontre à quel point la vie politique et médiatique n’existe qu’au travers des vibrations de la passion des masses. Cela signifie qu’une tragédie qui nous a horrifiés suffisamment pour nous faire trembler avec passion pendant quelques jours retournera aussitôt dans le néant dès lors qu’il s’agira de réagir avec réflexion et lucidité pour chercher à prévenir sa réitération.

Nous parlions de conclusions. Ces dernières appellent dans un premier temps des questions plutôt que des réponses péremptoires. L’on peut avoir beau jeu de hurler au retour de la peine de mort ou au renforcement des politiques ultra sécuritaires comme le font nos « amis » de la droite sarkoziste. Mais ces solutions là ne sont-elles pas que des tentatives de colmater bien maladroitement –au mieux- voire dangereusement –au pire- des brèches qui avec le temps, semblent devenir de plus en plus irréparables ?


La passion des foules est un outil dont le pouvoir sait jouer, elle lui permet de s’imposer dans tout son élégant despotisme avec le charme d’un Eden promis pour les temps avenirs. Cameras de surveillance, contrôle génétique des criminels, augmentation des forces policières, etc. Les promesses d’un avenir ultra-sécuritaire sont celles d’un univers où le crime sera combattu avec la même violence que la liberté elle-même. Cette violence aurait-elle pu être acceptée par une société moins encline à laisser parler ses tripes lorsque c’est la raison qui devrait commander ?

L’affaire qui nous occupe n’est que la pointe visible de l’iceberg, il y aurait tellement à dire sur ce sujet, tellement d’exemples pour appuyer une démonstration visant à aboutir à la simple conclusion pourtant tellement évidente qu’il est presque aberrant de devoir en apporter la preuve selon laquelle notre société va mal. Mais nous avons besoin d’exemples précis que nous puissions ériger en martyrs. Un exemple précis présente cette facilité de ne pas être une situation générale, un exemple précis évite d’avoir à chercher les conséquences globales pour se limiter à ce qui ressort au premier abord. Et notre société de spectacle ne saurait digérer l’horreur quotidienne, ne pourrait admettre sans nausées qu’un tourbillon de chaos l’emporte.

C’est pour cela qu’il y eut un temps de passion autour d’Anne-Lorraine Schmitt mais que cette passion retomba bien vite. Ce ne fut qu’une passion défouloir visant à exorciser un sentiment bien légitime de mal-être, une passion qui n’appelait aucune réflexion mais ne servit, au final, qu’à affaiblir davantage nos résistances face au monstre froid qu’est l’Etat, notamment l’Etat gendarme et, ce, dans la droite ligne de la propagande sécuritaire menée depuis maintenant presque une décennie, une propagande passionnelle qui n’appelle aucune réflexion mais ne demande au Français moyen qu’une seule chose : avoir peur et avoir confiance en l’ordre républicain.

Une société malade d’insécurité trouvera-t-elle vraiment un remède miracle dans l’option soft totalitaire que nous offrent les élites au pouvoir aujourd’hui ? Et pourtant, n’y aurait-il pas un lien de causalité entre les crimes sexuels et une société gavée de pornographie et de philosophie libertine ? Un lien entre la criminalité des banlieues et une invasion migratoire qui submerge l’Europe occidentale depuis plus de trente longues années ? Et que dire d’un système pénal insensé qui ne sanctionne plus véritablement les criminels mais, en revanche, punit parfois ceux qui se sont légitimement défendus ?

Oui, il y aurait tant à faire, tant à changer. Ce n’est pas une rupture qu’il nous faut mais presque une révolution des esprits. Mais, cette révolution, nos contemporains, imbibés d’hédonisme et de culte du plaisir immédiat, sont-ils prêts à la faire ?

Les sociétés européennes sont des sociétés d’hommes libres, parce que le chrétien est un homme libre et que la raison ne peut s’exercer que dans le cadre de la liberté. L’Europe a une identité de liberté de par la chrétienté et l’héritage hellénique. L’Européen de jadis était un paysan, il connaissait sa terre, y était attachée autant qu’à sa liberté qu’il défendait rageusement contre tout pouvoir, féodal, royal ou technocrate, qui s’immiscerait dans ce qui ne le regardait pas. Le paysan de jadis était lié à la terre qui, en retour, lui transmettait la sagesse du long terme… car la terre ne fait rien d’éphémère. Mais ce paysan là est mort chez le Français d’aujourd’hui qui n’a plus ni terre, ni nationalité, ni religion. Cet attachement chrétien et terrien à la liberté, comment pourrait-il le ressentir, lui qui ne vit qu’imbibé de conforts en tous genres ?

La matraque du CRS, la camera de surveillance qui viendra jusqu’à s’installer jusque dans nos chambres à coucher, le fichage génétique… tout cela semble fort peu de choses à payer en guise de prix pour un mode de vie de progrès et d’insouciance. Et puis, le cadre moyen peut toujours se rassurer en estimant qu’il n’a rien commis de répréhensible et, en conséquence, une société sécuritaire ne saurait le déranger. Pourtant, que penserait Bernanos d’une société où le fait de ne pas manger cinq fruits et légumes par jour nous rend non conformes aux grands panneaux que l’on peut voir dans les rues et les métros… en attendant que cela ne devienne un délit ?

Non, Anne-Lorraine Schmitt ne sera pas « morte pour rien » comme on a pu le lire ici et là. Mais quelle tristesse de songer que sa mort servira aux ennemis de l’Europe et, plus généralement, du genre humain.

Doumenge Mistral pour Novopress

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